Présentation
Il faut poser le contexte avant de parler du téléphone, parce que c’est le contexte qui fait tout l’intérêt de cet appareil. En 2026, le nombre de smartphones haut de gamme équipés d’une prise casque se compte sur les doigts d’une main mutilée. Apple a supprimé le jack en 2016, Samsung en 2019 sur les Galaxy S, Google dans la foulée. La quasi-totalité de l’industrie a suivi, en expliquant que le Bluetooth suffisait.
Sony a fait l’inverse. Le Xperia 1 VI conserve non seulement la prise jack 3,5 mm, mais la génération 2024-2026 lui a consacré un circuit audio entièrement revu, avec un niveau de sortie annoncé 50 % supérieur à celui du Xperia 1 V et une séparation des canaux améliorée. Ce n’est pas une survivance : c’est un investissement délibéré sur une fonction que tout le monde a abandonnée.
Le reste de la fiche technique est celui d’un flagship de premier plan — Snapdragon 8 Gen 3, 12 Go de RAM, 256 Go extensibles, écran LTPO OLED de 6,5 pouces variable de 1 à 120 Hz, 5 000 mAh, IP65/IP68 — mais ce n’est pas pour cela qu’on l’achète. On l’achète pour la tranche supérieure du châssis, et pour ce qui s’y trouve.
Sa note de 4,3/5 sur Amazon.fr repose sur 6 évaluations seulement, sur une référence importée en version Dual-SIM allemande. Nous y reviendrons : c’est le principal point de vigilance de cet achat.
L’audio : la seule raison d’acheter ce téléphone
Commençons par ce qui compte. La chaîne audio du Xperia 1 VI cumule des éléments qu’aucun concurrent ne réunit :
En filaire, la prise jack 3,5 mm est certifiée Hi-Res Audio, alimentée par le circuit dédié évoqué plus haut. La différence avec un dongle USB-C à 5€ n’est pas théorique : un adaptateur bon marché embarque un convertisseur minuscule et un amplificateur de quelques milliwatts, incapable d’attaquer correctement un casque un peu exigeant. Le résultat typique est un son maigre, un grave sans tenue et un volume qu’il faut pousser à fond. Le Xperia dispose d’une réserve de puissance réelle, et c’est ce qui rend l’écoute d’un vrai casque possible sans matériel supplémentaire.
En sans-fil, l’appareil est certifié Hi-Res Wireless via LDAC, le codec Sony qui transporte jusqu’à 990 kbit/s, soit environ trois fois le débit de l’AAC utilisé par défaut sur iPhone. Il gère également aptX Adaptive et Snapdragon Sound. En clair, quel que soit le casque Bluetooth que vous possédez, le téléphone saura l’exploiter à son meilleur niveau.
En traitement, DSEE Ultimate reconstruit par IA les hautes fréquences détruites par la compression. L’effet est net sur du MP3 ou sur un flux en débit moyen, négligeable sur une bibliothèque déjà en FLAC. 360 Reality Audio est certifié, avec un mode d’upmix qui spatialise les enregistrements stéréo classiques.
En haut-parleurs, deux transducteurs frontaux « full-stage » orientés vers l’auditeur, compatibles Dolby Atmos. C’est très au-dessus du duo écouteur-téléphonique-plus-haut-parleur-de-tranche qu’on trouve ailleurs, et cela sert autant la vidéo que la musique.
Reste le port microSDXC, que je considère comme le second argument musical de l’appareil. Une bibliothèque FLAC 24 bits pèse 150 à 400 Mo par album ; une carte de 512 Go à trente euros règle définitivement la question du stockage, là où les concurrents facturent plusieurs centaines d’euros le passage à 1 To d’usine.
L’écran est une dalle OLED de 6,5 pouces en définition FHD+, en technologie LTPO capable de descendre à 1 Hz sur une image fixe et de monter à 120 Hz sur du contenu animé. C’est un changement de doctrine chez Sony, qui alignait auparavant ses Xperia 1 sur une définition 4K : la marque a troqué la course aux pixels contre une meilleure luminosité et une autonomie plus tenable, et le choix est raisonnable. La colorimétrie reste l’un des points forts historiques de la gamme, avec un mode Creator conforme aux références de production vidéo.
Le Snapdragon 8 Gen 3 associé à 12 Go de RAM place l’appareil dans le peloton de tête en 2026. Aucun usage courant ne le met en difficulté, et le jeu 3D exigeant passe sans réserve. Sony reste par ailleurs l’un des constructeurs à l’interface la plus sobre : Android quasi brut, sans applications tierces imposées, ce que les acheteurs de ce type d’appareil apprécient généralement.
La batterie de 5 000 mAh tient une journée pleine sans difficulté. La charge filaire plafonne en revanche à 30W, soit un retard net sur la concurrence Android qui atteint couramment 45 à 120W. La charge sans fil 15W est présente, et aucun chargeur n’est fourni dans la boîte.
Photo et construction
Le module photo reprend la signature Sony : trois capteurs, dont un téléobjectif à focale continue variable, une singularité technique que personne d’autre ne propose sur smartphone, et une application Appareil photo qui expose des commandes manuelles héritées des boîtiers Alpha. C’est un appareil qui récompense l’utilisateur qui sait ce qu’il fait, et qui reste en retrait des Pixel ou des iPhone sur le traitement automatique.
Le châssis est certifié IP65 et IP68, résistant aux jets d’eau comme à l’immersion. Il mesure 162 x 74 x 8,2 mm pour 192 grammes : c’est grand, c’est lourd, et une utilisation à une seule main n’est pas envisageable durablement.
Le vrai point de vigilance : la référence vendue
Il faut être direct sur ce point. La fiche que nous avons relevée à 993,00€ correspond à une version Dual-SIM d’origine allemande, pas à la référence officielle de Sony France. Cela a trois conséquences pratiques.
La documentation et l’emballage ne sont pas francisés. Le nombre d’évaluations est très faible — 6 avis pour une note de 4,3/5 — ce qui ne permet aucune conclusion statistique, ni sur le produit ni sur le marchand. Et au moment de notre relevé, l’offre n’affichait qu’une seule unité en stock, ce qui rend le prix et la disponibilité volatils.
Rien de tout cela ne remet en cause la qualité du téléphone, qui est parfaitement documentée par ailleurs. Mais cela impose de vérifier explicitement les conditions de garantie et le vendeur avant de commander, ce qui n’est pas un réflexe naturel quand on dépense près de mille euros.
Faut-il acheter le Sony Xperia 1 VI ?
Ce téléphone s’adresse à un acheteur précis : celui qui possède un vrai casque filaire et qui refuse de le brancher sur un adaptateur. Si vous écoutez de la musique en Bluetooth avec des écouteurs à 80€, il n’y a strictement aucune raison de payer 993€ pour cet appareil — n’importe quel flagship fera aussi bien.
Si en revanche vous avez investi dans un casque ou des intra-auriculaires sérieux, la question change de nature. Vous cherchez alors un appareil capable de les alimenter correctement sans chaîne d’adaptateurs, avec une bibliothèque locale en haute résolution stockée sur carte mémoire. À ce cahier des charges, le Xperia 1 VI est aujourd’hui la seule réponse haut de gamme du marché, et il faut mesurer ce que cela veut dire : il n’a pas de concurrent, il a des substituts.
Le substitut le plus sérieux est le Sony Xperia 10 V reconditionné, qui reprend la même philosophie audio — jack, Hi-Res, LDAC, DSEE Ultimate, microSD — pour 217,89€, au prix d’un processeur d’entrée de gamme. L’Asus Zenfone 8 propose de son côté le seul convertisseur audio explicitement identifié de notre sélection, un Qualcomm Aqstic, pour 509,99€.
Pour la vue d’ensemble, consultez notre comparatif des meilleurs smartphones à sortie casque et notre guide pour bien choisir son smartphone en 2026.
Sony Xperia 1 VI — 256 Go / 12 Go RAM, Dual-SIM Vert — 993,00€ ⭐ 4,3/5
Prise jack 3,5 mm à circuit audio dédié, Hi-Res Audio filaire et LDAC sans fil, DSEE Ultimate, haut-parleurs stéréo full-stage, microSDXC, Snapdragon 8 Gen 3 et écran LTPO OLED 6,5 pouces 120 Hz. Le dernier flagship à prise casque.
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Prix et note relevés sur Amazon.fr le 4 septembre 2026.